Le mardi 20 janvier 2009 à 17 h, notre expert vous accueillait pour répondre à vos questions sur le parcours du repreneur d'entreprise.

Michel VERLHAC
Responsable Artisanat et Commerce
Banque Populaire Rive de Paris
Modérateur
Bonjour, bienvenue sur le tchat sur la reprise d'entreprise
Modérateur
Nous accueillons aujourd'hui Michel Verlhac, Responsable artisanat commerce, Banque Populaire Rives de Paris
Lucie : Bonjour, j’aimerais savoir comment trouver un repreneur ?
Michel Verlhac : Bonjour, il existe de nombreuses bases de données sur Internet, dont les plus importantes sont celles mises à disposition par les réseaux des Chambres de Métiers et de l'Artisanat.
Michel Verlhac : de nombreuses chambres professionnelles de différents secteurs d'activité ont diffusé également des informations à destination des repreneurs. Cherchez également dans votre environnement professionnel.
Juju : Comment trouver un projet de reprise d'entreprise hors de sa région?
Michel Verlhac : Internet est un outil fantastique. Les bases des chambres de métier et des chambres de commerce sont accessibles partout en ligne. Lorsque vous aurez identifié des annonces d'entreprises qui vous intéressent, prenez contact avec la chambre concernée.
Kevinjo : Bonjour et bonne année.
Bernard : Existe-t-il des aides spécifiques concernant la reprise?
Michel Verlhac : Oui, il existe des aides nationales et régionales. Les aides nationales concernent essentiellement les aides pour les créateurs/repreneurs, personnes sans emploi, ou bien tout repreneur qui peut être aidé financièrement via des formules spécifiques de financement : prêt création entreprise OSEO par exemple, prêt reprise d'entreprise des SOCAMA.
Michel Verlhac : Régionalement, il existe de nombreuses aides pour les repreneurs lors de la constitution des dossiers par exemple, ou pour garantir des crédits. Renseignez vous auprès des chambres de commerce et d'industrie ou chambres des métiers et de l'artisanat.
Michel Verlhac : Sachez que le Groupe Banque Populaire est le premier distributeur du prêt à la création d'entreprise, et que les SOCAMA sont des sociétés de caution mutuelle qui travaillent exclusivement avec le Groupe Banque Populaire.
Jonathan : Quels sont les principaux risques à prendre en considération ?
Michel Verlhac : Si on se limite aux risques financiers, sachez que toute reprise d'entreprise nécessite, quelque soit sa taille, une enveloppe financière globale qui doit être évaluée le plus justement possible durant la phase d'étude de la reprise.
Michel Verlhac : Le repreneur lui-même et ses associés apportera des fonds (apports personnels) et sollicitera le plus souvent un banquier pour le complément. En moyenne, l'expérience montre que les banquiers financent entre 60 et 80% du montant financier nécessaire à la reprise de l'entreprise.
Michel Verlhac : Le banquier s'efforcera de vous demander un engagement personnel sur ce crédit (caution) en utilisant les systèmes de garantie existants (SOCAMA, OSEO, France Active ...) mais il vous demandera souvent une caution personnelle qui s'ajoutera à votre engagement financier constitué par l'apport mis dans l'entreprise.
Alexis : Sur quels aspects faut-il se focaliser dans le cadre d'une reprise?
Michel Verlhac : Deux aspects paraissent extrêmement importants : ce que l'on vend ou fabrique et à qui vend-on. Je veux dire par là, qualité et durée de vie des produits, qualité des fournisseurs, qualité et solvabilité des clients. Ne pas oublier, même si c'est souvent évident, la qualité et le professionnalisme des collaborateurs. C'est souvent sur ce point que nous avons, nous banquiers, le moins d'informations, alors que ce sont bien vos collaborateurs et vous-même qui ferez la réussite de l'entreprise.
Raymond : Où trouver l'état des stocks des entreprises ?
Michel Verlhac : Sur la liasse fiscale de l'entreprise à l'actif du bilan. Si les informations sont insuffisantes, rien ne vaut une visite chez le vendeur et une rencontre avec son expert-comptable.
Raymond : ok merci
Mathieu : Quels sont vos recommandations en terme de délais et de modalités d'accompagnement ?
Michel Verlhac : La partie la plus longue dans une reprise est celle que vous allez conduire vous-même, c'est à dire les discussions avec le vendeur et l'évaluation de l'entreprise pour proposer un prix de cession. Cette période dure de 3 à 12 mois.
Michel Verlhac : A quel moment contacter un banquier ? Pour être efficace, commencez à le voir au moment où vous vous mettez d'accord avec le vendeur sur une fourchette de prix et sur les modalités de reprise, avant de signer le compromis de cession.
Michel Verlhac : La banque vous donnera sa position de principe qui vous permettra de signer la cession en toute tranquillité. Nos décisions se prennent en général à l'intérieur d'un mois, dès que nous avons les éléments d'appréciation demandés.
Xavier : Quels sont vos secteurs d'interventions et quelles sont les normes d'engagements ?
Michel Verlhac : Nos banques populaires n'excluent pas à priori de secteurs d'activité et elles sont leaders sur l'artisanat et le commerce, ainsi qu'une forte présence chez les PME. Concrètement, nos décisions se prennent projet de reprise par projet de reprise. D'autant que nos banques populaires sont des banques régionales qui connaissent particulièrement le tissu local. En ce qui concerne nos pourcentages de moyen de financement, il se situe entre 60 et 80%.
xavier_d : Les meilleures affaires, c'est bien connu, sont celles qui appartiennent au marché "caché". Comment accéder à ce marché "caché" ?
Michel Verlhac : Je ne parlerai pas de marché caché mais plutôt d'entreprises de taille moyenne ou importante qui ont souhaité confier leur transmission des professionnels. Notre groupe a ainsi des spécialistes de transmission d'entreprise qui agissent dans le cadre de mandats de cession, confiés par leurs clients.
Michel Verlhac : Ces spécialistes peuvent être rencontrés sur RDV.
xavier_d : Merci. Qui sont ces professionnels ?
Michel Verlhac : En général ces collègues appartiennent aux équipes des ingénieurs financiers. Si vous êtes intéressé, vous pouvez solliciter un RDV via le site des banques concernées.
xavier_d : C'est entendu. Merci.
Karim : Comment convaincre lorsque l'on s'attaque à une activité pour laquelle on ne possède pas d'expérience professionnelle. Quelle partie du business plan fera pencher la balance ?
Michel Verlhac : Vous, très clairement, vous devez nous convaincre que votre expérience et votre parcours professionnel précédent vous ont permis d'acquérir le savoir-faire indispensable à la conduite de votre future entreprise.
Laurent : faut-il privilégier le rachat de titre ou le rachat de fonds ?
Michel Verlhac : je n'ai pas d'avis définitif sur le sujet puisque c'est généralement votre vendeur qui vous imposera le mode de cession. S'il est lui-même en société, il aura tendance, presque toujours, à souhaiter une cession de titres. S’il s'agit d'un entrepreneur individuel : une cession de fond de commerce. Mais une reprise de fond de commerce est tout à fait possible et juridiquement et financièrement, même si votre vendeur est en société.
Michel Verlhac : Dans ce cas, faites vous accompagner d'un expert comptable et d'un juriste. Décrivez-nous lors de votre demande de financement les raisons de votre mode d'acquisition.
David : quel est le standard en matière d'endettement ?
Michel Verlhac : Le standard, c'est la capacité de l'entreprise que vous allez reprendre, à rembourser la dette d'acquisition. Si votre entreprise dégage de gros résultats et qu'elle n'a pas besoin de les conserver pour renforcer son fond de roulement ou faire de nouveaux investissements, vous pourrez utiliser une très grosse proportion de ce résultat à rembourser la dette.
Michel Verlhac : Dans le cas contraire, ce ne sera pas possible. Nous examinons donc avec vous, le montant des remboursements pour adapter le montant du crédit sans mettre en danger l'avenir de l'entreprise. On remarque qu'ainsi le crédit accordé par la banque peut être d'un montant très différent de celui que vous en attendez au départ.
Michel Verlhac : Vous lirez souvent que le banquier peut faire jusqu'à 70 / 80 % de financement, ce qui n'est pas toujours possible si le résultat futur ne permet pas le remboursement.
Daniel : Dans le cas d'une reprise, est-ce que vous me conseillez de m'associer ?
Michel Verlhac : Pas de cas général. Un associé peut apporter des compétences dans votre entreprise, et des fonds. S'associer exige cependant une bonne connaissance de son partenaire.
Olivier : Quel est le pourcentage moyen d'apport à envisager dans le cadre d'une reprise ?
Michel Verlhac : Vous avez peut être vu plus haut que les pourcentages de financement de la reprise sont de l'ordre de 60 à 80%. Ce qui peut laisser supposer que l'apport est de 20 à 40 %. Je vous conseille de prévoir un apport plus important car il n'est pas rare que le CA réalisé après la reprise soit un peu plus faible que les prévisions et que la trésorerie soit plus tendue que planifiée. Avoir gardé une partie de son apport en compte courant s'avère très utile à ce moment là.
Raymond : Comment connaître les statistiques de dépôt de Bilan par secteur et activités pour ne pas se lancer dans un projet mort né merci
Michel Verlhac : Il est peut être possible de trouver ces statistiques au greffe du tribunal de votre région et vous trouverez des statistiques globales département par département sur le site de l'APCE. Ceci dit, le projet que vous allez examiner est une entreprise parmi d'autre qui n'obéit pas aux lois de la statistique.
Valérie : comment évaluer la trésorerie nécessaire à l'entreprise, la lecture du bilan suffit-elle ?
Michel Verlhac : Clairement non. Pourquoi ?
Michel Verlhac : Parce que le bilan vous donne une information exact au seul jour de son arrêté. Cette trésorerie évolue quotidiennement dans une entreprise avec des variations qui peuvent être très importantes selon son secteur d'activité. En première lecture, regardez également les frais financiers, le fond de roulement et le besoin en fond de roulement et comparez ces éléments avec les données statistiques du secteur d'activité.
Raymond : ok merci, mais les tribunaux de commerce ne donnent pas ces infos.
Michel Verlhac : Si vous cherchez une entreprise à reprendre, après dépôt du bilan ou en plan de continuation, contactez les administrateurs de biens de votre région (CF site internet)
Michel Verlhac : Merci à tous de votre participation.
Michel Verlhac : Dans le cadre de votre projet de reprise d'entreprise, n'hésitez pas à vous rendre dans une agence Banque Populaire ou sur le site Banque Populaire.fr.
Modérateur : Notre tchat touche à sa fin.
xavier_d : Thank You Very Much.
Raymond : merci à vous aussi.
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